Depuis hier, ma Princesse est malade. De ces petits maux de l'hiver qui la plombent.
Pas grand chose, une grosse fièvre et une bonne laryngite accompagnées d'un bout d'otite.
Rien de grave, non. Je l'ai récupérée hier à midi à la crèche et elle était si faible. La fièvre faisait son effet. On a donc passé l'après midi toutes les deux, lovées l'une contre l'autre.
Une parenthèse enchantée, outre ce virus qui la met à plat.
Malgré tout, je voyais dans ses yeux qu'elle était bien, pelotonnée contre mon épaule.
Et moi aussi, j'étais bien. Pour rien au monde je n'aurai voulu être ailleurs q'avec elle.
Ces instants suspendus, pendant lesquels on est si connectées, j'en veux, encore et encore.
Je n'en suis pas à me dire que j'aime la voir malade, bien sur que non, mais c'est notre moment à nous.
Je reste avec elle aujourd'hui encore. Et c'est une douce journée qui s'annonce. La fièvre diminue, pas les câlins.
Quand Grand fait un cauchemar la nuit, ou qu'il perd son doudou et se réveille en panique, c'est souvent qu'il atterrit dans notre lit et qu'il vient se caler tout contre moi.
La nuit n'en est que plus douce.
J'aime tellement leur contact, les embrasser dans le creux du cou, là où c'est tout chaud.
J'ai ce coté un peu mère louve qui me pousse a les couver, à les surprotéger, mais sans ce contact, je ne pourrais finalement pas vivre.
L'attachement, la connexion, le lien est si particulier entre les mères et leurs enfants (et les pères aussi, ne les laissons pas sur le bord du chemin). Je sais qu'ils vont grandir et que la relation sera bientôt différente.
Grand me rappelle déjà parfois à l'ordre. Mamaaan, pas de bisous devant tout le monde!! 4 ans 1/2...
Jusqu'à 7 mois environ, les bébés pensent qu'ils ne font qu'un avec leur mère. Je pense que je ne ferai qu'un avec eux jusqu'à la fin de mes jours.
Demain, ce sera différent. D'ici quelques années (lointaines, très lointaines!), c'est quelqu'un d'autre qui les embrassera dans ce creux tout chaud, et ce sera ensuite à leur tour de donner des baisers derrière une toute petite oreille.
Ils grandissent si vite.
C'est ce qui me fait dire que je ne regrette pas.
La semaine dernière, j'ai donné ma démission.
J'aime énormément mon travail actuel, et en particulier l'équipe qui m'entoure. Mais ca prenait trop de place en dehors de mes heures de bureau. Je n'avais jamais l'esprit tranquille.
Une alternative n'est présentée. Un autre job, une autre entreprise, une autre équipe. Et la tranquillité d'esprit. Ne plus avoir à guetter l'heure du coucher en sachant la masse de travail qui m'attend une bonne partie de la soirée/nuit, ne plus les presser le matin pour les poser à la garderie avant de prendre un train ou partir je ne sais où.
Je vais pouvoir les voir un peu grandir, avant que leur destin ne les emmène loin de moi, avant qu'ils refusent définitivement mes baisers dans le cou.
Maman qui travaille, maman de plusieurs enfants, maman qui rit, maman qui pleure, sois la bienvenue, on se fait un peu de place et tu verras, on sera bien!
jeudi 15 janvier 2015
jeudi 8 janvier 2015
Liberté chérie #JeSuisCharlie
Hier à 11h30, 12 personnes ont été abattues.
Par des fous.
Des fous qui détournent une croyance pour l'ériger en étendard de leur folie.
Ils ont abattu des Hommes, ils ont abattu un Symbole.
Le Symbole de la liberté. L.I.B.E.R.T.E. Liberté chérie.
Aujourd'hui, les plumes saignent, les larmes coulent, et rien ne sera plus pareil.
Pour que mes enfants n'aient jamais peur de s'exprimer.
Pour que j'ai la force de les pousser dans ce sens.
Pour que la folie de quelques uns ne l'emporte pas sur la liberté des autres.
Je ne suis pas Charlie pour cautionner tout ce qui y a été écrit.
Je suis Charlie pour affirmer ma volonté que personne ne se taise, jamais.
Je suis Charlie pour que mes enfants ne se taisent pas.
Je crains de voir apparaître dans les jours à venir des messages qui me révolteront, basés sur des "et si", sur des "ces gens là".
La deuxième phase du deuil après le choc est la colère. Que fera dire la colère? La colère engendre la division.
Il est temps d'être plus unis que jamais, passant outre toute croyance politique ou religieuse.
Ce que j'ai vu hier soir ne me fait pas dire que j'ai mal à ma France. Je suis fière de ma France.
De ma France rassemblée, réunie, bigarrée et pluriculturelle.
De ma France qui sait faire front, être debout face à l'indicible, à la barbarie. Qui sait dire NON.
Ce que j'ai entendu hier à midi me fait dire que j'ai mal en mon Espèce. L'Espèce Humaine capable du meilleur comme du pire.
Quel monde est ce que je souhaite laisser à mes enfants? Un monde où un dessin, ou un écrit, si polémique qu'il soit, ne soit plus jamais prétexte à la mort.
#JeSuisFrédéric
#JeSuisFranck
#JeSuisCabu
#JeSuisElsa
#JeSuisCharb
#JeSuisHonoré
#JeSuisBernard
#JeSuisAhmed
#JeSuisMustapha
#JeSuisMichel
#JeSuisTignous
#JeSuisWolinski
Par des fous.
Des fous qui détournent une croyance pour l'ériger en étendard de leur folie.
Ils ont abattu des Hommes, ils ont abattu un Symbole.
Le Symbole de la liberté. L.I.B.E.R.T.E. Liberté chérie.
Aujourd'hui, les plumes saignent, les larmes coulent, et rien ne sera plus pareil.
Pour que mes enfants n'aient jamais peur de s'exprimer.
Pour que j'ai la force de les pousser dans ce sens.
Pour que la folie de quelques uns ne l'emporte pas sur la liberté des autres.
Je ne suis pas Charlie pour cautionner tout ce qui y a été écrit.
Je suis Charlie pour affirmer ma volonté que personne ne se taise, jamais.
Je suis Charlie pour que mes enfants ne se taisent pas.
Je crains de voir apparaître dans les jours à venir des messages qui me révolteront, basés sur des "et si", sur des "ces gens là".
La deuxième phase du deuil après le choc est la colère. Que fera dire la colère? La colère engendre la division.
Il est temps d'être plus unis que jamais, passant outre toute croyance politique ou religieuse.
Ce que j'ai vu hier soir ne me fait pas dire que j'ai mal à ma France. Je suis fière de ma France.
De ma France rassemblée, réunie, bigarrée et pluriculturelle.
De ma France qui sait faire front, être debout face à l'indicible, à la barbarie. Qui sait dire NON.
Ce que j'ai entendu hier à midi me fait dire que j'ai mal en mon Espèce. L'Espèce Humaine capable du meilleur comme du pire.
Quel monde est ce que je souhaite laisser à mes enfants? Un monde où un dessin, ou un écrit, si polémique qu'il soit, ne soit plus jamais prétexte à la mort.
#JeSuisFrédéric
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#JeSuisCharlie
mardi 6 janvier 2015
F.R.I.E.N.D.S
J'était une jeune femme plutôt insouciante, adepte du Carpe Diem.
Vis le moment présent.
Les tracas du quotidien glissaient en général sur moi. Je ne m’embarrassait pas de soucis. La vie n'est elle pas trop courte? J'avais 20 ans, j'étais jeune et j'étais en pleine forme.
J'étais celle qui rit, celle qui écoute, celle qui est toujours partante pour une virée épique, celle qui n'a pas froid aux yeux.
J'étais cette fille là à 20 ans. Du moins, c'est ce que les autres croyaient.
Si je la recroisait aujourd'hui, je lui dirais de ne pas mettre tant d'énergie à construire ce mur, à habiller la façade, Je lui dirais qu'on peut avoir des failles, que les montrer n'est pas une faiblesse, qu'ils comprendront, et que s'ils ne comprennent pas, c'est qu'ils n'en valent pas la peine.
Que seuls les vrais resteront. L'histoire le montrera.
La qualité prime sur la quantité, c'est bien connu.
Je le sais aujourd'hui. Mais il y a 10 ans...
Il y a 10 ans, je voulais m'enivrer de la foule, je voulais vivre en ville, comme en quête du trop plein de compagnie. Avoir 300 contacts dans son répertoire. A quoi bon? Je le sais aujourd'hui, à rien de bon...
Il y a 10 ans, j'était celle qui masque ses blessures derrière un rire, un bon mot, une aventure d'un soir.
J'étais celle qui a tellement peur qu'ils ne l'aiment pas.
J'avais 20 ans et j'étais incroyablement entourée, mais terriblement seule, tellement peu sure de moi.
Et puis, il y a ceux qui partent, dont on n'a plus de nouvelles. Du jour au lendemain, ou au fil du temps. Parce que c'est la vie, chacun suit son bout de chemin, des chemins qui ne se croisent plus, ou parce que "elle a tellement changé depuis qu'elle s'est mise avec son nouveau mec!". Et oui, quelqu'un comptait désormais dans ma vie. Lui, rencontré il y a maintenant 11 ans. Je pense ne pas m'être trompée, avoir fait le bon choix sur ce coup là. Advienne que pourra des amitiés ou pseudo-amitiés.
Et puis, certains de ceux qui étaient toujours là n'ont pas trouvé ça tellement drôle de me voir pouponner, de ne plus être autant disponible après la naissance de Grand. Nouveau tri dans les contacts.
Et puis il y a ceux qui n'étaient pas là quand j'ai perdu papa (perdu papa... je ne m'y résous définitivement pas...). Je sais que les mots sont impossibles à trouver dans ces situations. Je ne demandais pas de mots, juste une main sur l'épaule à défaut d'une main tendue.
Et puis, Princesse est née et alors là, le fait d'être multipare éloigne encore plus ceux qui étaient restés, en s’accommodant de la situation, ou sur un malentendu. Sait on jamais, peut être est ce une maladie contagieuse, peut être que ca va aussi leur tomber dessus.
Le recul de mes 30 ans me permet aujourd'hui de faire un bilan plutôt positif de tout ca.
Aujourd'hui, je vis au vert, avec les miens. Je passe le plus clair de mon temps libre avec mon homme et mes enfants. Je m'implique dans la vie de mes enfants via les associations. Je n'ai plus 300 contacts dans mon répertoire.
Et puis, il y a elles. Elles sont trois. Ce sont mes amies les plus chères. Elles étaient là. Quoi qu'il arrive. Elles ont rit avec moi dans les bons moments et ont su poser leur main sur mon épaule dans les mauvais.
Elles étaient là et je suis là.
Ce qui peut nous paraître évident mérite d'être exprimé. Je les aime et elles m'aiment. On se l'est dit.
On se connaît depuis des lustres maintenant. On se connait par coeur.
Avec elles, je peux me montrer telle que je suis, avec mes forces, mes faiblesses et réciproquement.
Pas de jugement, juste de la compassion et une amitié à toute épreuve.
On s'enrichit de nos différences. Et c'est là toute la différence.
samedi 3 janvier 2015
Benvenuto 2015
Est il temps de prendre de bonnes résolutions pour 2015?
Les bonnes résolutions, c'est bien connu, ne sont jamais tenues. Je préférerai alors parler de pistes d'amélioration. Ce ne seront que des pistes, et ne me mettront donc aucune pression sur l'atteinte des objectifs
Piste d'amélioration n°1:
Profiter du temps qui passe, me recentrer sur ce qui est l'essentiel, sur ceux qui font l'essentiel. Jouer, rire, danser, photographier, buller. Faire avec Eux.
Mettre de coté les préoccupations du travail une fois à la maison et arrêter de vérifier mes mails en préparant le repas avec mon fils ou en faisant un puzzle avec ma fille. Tout ca pourra attendre le lendemain matin, non?
Piste d'amélioration n°2
En quelques sortes en lien avec celle évoquée ci-dessus. Changer de travail. Je ne me retrouve plus dans ce que je fais aujourd'hui. Je ne reconnais plus cette entreprise qui m'a vue arriver "bébé", à 22 ans et fraîchement sortie de l'école. Ce qui était à l'époque une société dynamique et innovante n'est plus aujourd'hui qu'une filiale d'un groupe dont les décisions et orientations ne sont prises (ou pas prises en l’occurrence) qu'à Paris par des technocrates qui n'ont jamais eu l'idée de venir voir ce qu'on faisait dans la vraie vie, et pas simplement ce qui en est retranscrit sur un compte de résultat.
C'est ainsi que j'ai eu mercredi (dernier jour de 2014, est ce un signe?), un entretien dans une société type PME qui répond à plusieurs de mes critères. Reste à patienter jusqu'à la semaine prochaine pour savoir si je correspond aux leurs... En tous cas, l'entretien s'est bien passé. A suivre
Piste d'amélioration n°3
Etre bienveillante avec mon corps. Ce corps, on ne peut dire ni que je l'aime, ni que je le déteste. Il fait juste ce qu'on lui demande de faire. Il n'est ni beau, ni laid, il est juste...comme il est. Il m'a permis de porter mes deux trésors, de les nourrir et de leur courir après, il est donc temps que je lui octroie un peu d'attention. Ça passe par une meilleure alimentation (le sandwich derrière le PC et le gout immodéré pour les bonnes <grasses> choses n'arrangent rien), un peu plus d'exercice, et un peu plus de chouchoutage. Un esprit sain dans un corps sain qu'ils disaient
Piste d'amélioration n°4
Prendre du temps pour mon couple. Rien n'est jamais acquis. Nous ne sommes pas plus malins ni plus forts que quiconque et ne sommes à l'abri de rien. Après 11 ans de vie commune et deux enfants, on a une sacrée légère tendance à s'oublier. Partager des moments volés, retrouver un peu l'insouciance de nos 20 ans, se retrouver, à deux, simplement. On s'aime aussi fort que l'on peut s'aimer, mais la flamme s'entretien, par de petites choses du quotidien, et je ne dois pas perdre de vue qu'il n'est pas qu'un papa et il ne doit pas oublier que je ne suis pas qu'une maman. J'y veillerai cette année, particulièrement.
Et enfin, il y a ce blog aussi, qui a maintenant un peu plus d'un mois. Je tiens vraiment à continuer à partager ici, à écrire, à laisser une trace, à rencontrer, à parler de tout et de rien. J'y tiens.
Alors, Ciao 2014 e benvenuto 2015!
mardi 30 décembre 2014
Retour sur Noel et bilan 2014
Ca y est, le marathon de Noël s'est achevé hier avec notre retour à la maison. Il nous reste à le fêter avec Beau Papa, mais je sais que ce sera moins pantagruélique que les Noël de la semaine dernière.
Tout s'est globalement bien passé. Le 24 au soir, nous avons été très raisonnables. On a réveillonné avec ma maman et mon frère. Ma soeur, avec mari et enfants étaient dans la belle famille (la belle famille de ma soeur méritera un article spécial, faut que je le note dans un coin de mon esprit celui là!).
Le vendredi soir, nous sommes sortis comme quand on était jeunes avec un couple d'amis (restau+pub, houhou!!).
Le 25, repas du midi et du soir dans la famille de Monsieur et de nouveau un gros Noël dimanche midi, toujours chez maman avec mon frère, ma soeur et famille cette fois ci.
Bref, tout s'est donc bien passé jusqu'à ce que la gastro s'invite. Tout a commencé par Princesse (qui l'a attrapée via un petit cousin), puis moi même et enfin, Grand. Monsieur commence à se sentir mal aujourd'hui et je pense que nous en aurons jusqu'à la fin de semaine, pour finir les vacances en beauté!
Je pense que nos organismes respectifs nous font payer les excès à répétition de la semaine dernière. Princesse et Grand ne mangent donc plus rien depuis 3 jours. On veille à ce qu'ils boivent et on essaie de leur caler un morceau de pain de mie ou de banane dans le bec de temps à autres...
Il était prévu que nous allions chez des copains demain soir, mais je pense que nos plans vont êtres revus, c'est quand même pas chic de leur apporter nos virus le soir de Nouvel an, et en plus, on a pas trop le coeur à fêter pour tout dire. Je pense qu'on va donc faire un réveillon sponsorisé par Picard et se mettre au lit, genre vers 22h (On est des foufous ici!!)
Vient maintenant le moment de faire le bilan de 2014. Je ne sais pas trop ce que je peux en dire.
Sur le plan pro, j'ai repris en janvier après 8 mois à la maison (fin de grossesse un peu chahutée, donc mise en arrêt par la SF, puis congé mat, puis solde de tous mes congés en retard). Cette année aura donc été pour moi celle de la remise en question. Est ce que je suis vraiment faite pour ca? De toutes évidences, la réponse est non. Est ce que ca me convient de faire ca? Clairement non. Pourquoi est ce que je continue alors? Parce quand on a une famille, on ne peut plus se permettre de claquer la porte sur un coup de tête et que je ne partirai pas sans plan B.
Sur le plan familial, mes enfants sont juste deux petites pépites qui grandissent définitivement trop vite. Ils m'usent parfois, me font tourner en bourrique souvent, me font mourir d'amour tout le temps.
Je me surprends quelquefois à me demander ce que serait la vie sans eux, si ils n'avaient pas illuminé mon existence. Je ne sais pas quoi répondre à cette question. Tout ce que je vois, c'est que pour rien au monde je ne reviendrai en arrière. Je sais qu'en l'état actuel des choses, je ne peux pas passer plus de temps avec eux que je n'en passe aujourd'hui. Si je devais alors changer quelque chose, ce serait la qualité du temps passé ensemble.
Sur le plan amoureux, j'ai la chance d'avoir un homme en or, qui en plus d'être un père formidable, est l'homme idéal, mon homme idéal. Je ne dis pas qu'il n'y a jamais de moments de tension ou de crise, mais il sait exactement comment désamorcer les situations. Il connaît mon caractère et compose.
Si on m'avait dit il y a 11 ans: "C'est avec lui que tu feras ta vie et il sera le père de tes enfants", je ne sais pas si j'y aurai cru sur le moment.
Aujourd'hui, après tout ce chemin parcouru, je sais qu'il est et qu'il restera celui qui a permis que je devienne ce que je suis aujourd'hui, et je lui en suis reconnaissante, quoi qu'il arrive.
Sur le plan amical, je sais que je ne suis plus autant disponible pour mes vieilles amies qu'avant les enfants. On essaie malgré tout de se voir à 2 ou 3 une fois par mois autour d'un bon dîner. Je souhaite vraiment que nous gardions ce rythme. Pendant ces 3 heures, on décompresse vraiment et on redevient en quelques sorte les ados que nous étions, à parler de tout et de rien (et pas QUE des enfants), refaire le monde et rire jusqu'à en avoir mal au ventre.
Donc, le bilan est quand même plutôt positif. Reste à garder le cap, corriger ce qui est corrigeable et tenir les bonnes résolutions 2015, mais il me reste encore quelques jours pour les écrire!
lundi 22 décembre 2014
Savoir qu'on a fait les bons choix
J’ai eu ce week end une de mes
meilleurs amies au téléphone. De celles que je connais depuis plus de dix ans,
de celles que j’ai connues bien avant d’avoir des enfants, et de celles qui ont
une pile de dossiers inavouables sur la jeune femme que j’étais à l’époque.
Elle a un parcours plutôt atypique.
Elle voyage 80% de l’année, part souvent en missions humanitaires et se lance
dans des projets qui peuvent paraître complètement fous. Je la vois donc assez
peu ces derniers temps et elle me manque.
Nous avons eu une jeunesse assez
similaire, mais notre vie d’adulte est radicalement différente.
Je suis celle qui est en CDI
depuis 8 ans, et toujours dans la même boite, celle qui est avec le même homme
depuis 10 ans, celle qui a fait 2 enfants, celle qui a acheté une maison, celle
qui a un lave vaisselle, bref, je suis un peu la « tradi » de notre
binôme.
Quand elle est en France, elle va
de CDD en CDD, elle a quitté son homme au bout de 6 ans de vie commune, sur un
coup de tête et enchaîne les relations plus ou moins stables (surtout moins d’ailleurs,
je ferai un jour un billet sur les nanas qui sont de véritables aimants à
connards), n’a pas froid aux yeux, peut partir au bout du monde du jour au
lendemain parce qu’une asso lui propose une mission au fin fond du Sénégal. C’est
donc l’aventurière par excellence.
Sa vie me faisait un peu rêver,
sans que pour autant je ne sois déçue, ou blasée de la mienne.
Quand j’ai eu son appel, ca m’a
fait un bien fou. Entendre sa voix (parce que les conversations via FaceBook, c’est
quand même pas tout à fait pareil).
Et là, elle me raconte. La
difficulté de la dernière année, dans un pays étranger, dont elle a du
apprendre la langue et les coutumes en très peu de temps. La difficulté d’elle
a eu à vivre dans un pays où les femmes ne sont considérées que comme une
sous-catégorie. La relation avec ce type malsain qui l’a littéralement brisée,
physiquement et moralement. Elle m’a raconté la violence des mots, la violence
des coups. Elle qui habituellement se drape dans ses principes d’égalité, entre
les hommes et les femmes, entre les Hommes tout court, est ressortie
complètement démolie. Après ce retour en France, elle avait pour projet de
repartir là-bas, pour finir ce qu’elle avait commencé. Elle en est incapable,
et j’ai tout fait, je fais tout, pour la retenir, pour ne pas qu’elle retourne
dans cette galère. Je lui ai dit que ce n’était pas un échec, mais une
expérience dont elle se souviendra toute sa vie.
Autant dire que quand elle m’a
dit : « Rends toi compte, j’ai 33 ans, je n’ai rien construit. Ni
couple, ni famille, ni rien de matériel. La chose que je possède et qui a le
plus de valeur, c’est mes skis! ». Au-delà de toute considération
matérialiste liée aux skis, ca m’a fait froid dans le dos.
Je sais que le modèle de vie que
j’ai construit n’est pas celui dont rêve tout le monde et qu’il en existe
autant que de personnalités.
Elle m’a clairement dit qu’aujourd’hui,
cela ne lui manquait pas de ne pas avoir d’enfant et de famille à elle, mais que
demain, si l’envie lui prenait, elle aurait tout à recommencer.
Trouver un type gentil qui l’accompagne
et qui l’accepte comme elle est (au vu de ce qu’elle vient de traverser, le
type à intérêt d’être très très gentil et très très patient…), avoir l’envie de
se lancer dans l’aventure, de construire quelque chose.
Alors non, elle n’est pas
périmée, mais ca l’angoisse.
Je la rassure comme je peux, avec
mes mots, mais j’ai parfois du mal à les trouver tant nos choix de vie sont diamétralement opposés.
Et je l’aime tellement ma copine, que je suis mal qu’elle soit mal.
Après avoir raccroché, je vois
mes Loustics, leur père, et notre vie.
Et là, je me dis que même si tout
n’est pas parfait, si on crie, si la maison n’est pas rangée, si mon travail n’est
pas celui que je souhaite faire encore longtemps, si on a des cernes sous les
yeux, je sais que j’ai fait les bons choix. Et que je n’ai aucun regret.
mercredi 17 décembre 2014
De l'art de lâcher prise
Hier soir, j’ai agrémenté mon bain de sels que Monsieur m’a
offert à la naissance de la
Princesse.
Il n’a pas compris que
le bain était proscrit les semaines suivant l’accouchement. Donc, pendant
quelques temps, j’étais condamnée à les regarder avec envie sans pouvoir les
utiliser… Bref… C’est l’intention qui compte hein…
J’ai donc un assortiment composé de sels de bain portant les
noms alléchants de :
-
Coup de froid
-
Sommeil profond
-
Lâcher prise
(Si ca vous fait vraiment envie, vous les trouverez chez Natures
et Découvertes)
Alors, me voici, à bloquer pendant plusieurs minutes.
Lequel choisir ?
Coup de froid ? Ca ne fait pas bien chaud, je vous l’accorde,
mais le bain devrait résoudre ce problème là.
Sommeil profond ? Foutu pour foutu, ce ne sont pas des
sels de bains qui me feront passer une meilleure nuit. D’autant plus, que le
dodo haché ne dépend bien sur pas de moi, mais des petits cris de putois de l’un
ou l’autre de mes loustics. Imaginons que, grâce à ce bain bienfaisant, je ne
me réveille pas, Monsieur étant frappé de surdité nocturne, c’est un coup à se
retrouver à huit dans le lit le matin (les divers doudous étant comptés dans l’effectif),
sans s’être aperçus de rien !
Lâcher prise ? Ooooh lâcher prise… Est-ce que le sel de
bains agit comme une potion magique. De celles qui effacent de ta mémoire les
moments désagréables, ou qui te font voir la vie en rose, ou encore perdre ces
foutus 8kg en trop d’un seul coup ?
Lâcher prise… En suis-je seulement capable ?
Depuis que je suis mère, j’ai l’impression d’être en
permanence sur le qui-vive. Tout du moins, en ce qui concerne les enfants.
Du matin au réveil au soir au coucher, la question qui m’obsède
est « qu’est ce que j’ai oublié ? ».
Imaginez, oublier de mettre le doudou dans le cartable pour
la sieste ! Quelle mère ignoble peut passer à côté de ca !!
Oublier de payer la crèche alors que c’était le dernier jour !
Mais quelle mère étourdie elle se farci, la pauvre princesse !
Oublier que dans une semaine c’est Noël alors qu’il reste
encore une dizaine de cadeaux à prévoir. Non mais sans déconner, à quoi elle peut
bien penser celle là ?! Elle a de l’eau à la place du cerveau ?
Donc, va pour les sels de bain « Lâcher prise ».
Je me plonge dans mon bain chaud qui sent les huiles
essentielles et là, je me laisse aller, à ne réfléchir à rien, si ce n’est à la
musique du générique de Robocar Poli qui me trotte dans la tête depuis le matin.
Je suis détendue…. Il semble que je lâche pri…..
OH MERDE !!!!! J’ai oublié de préparer le repas de Princesse
pour demain midi !!!
Yeux qui s’ouvrent en grand ! Manque de se fracturer le
crâne en se relevant d’un coup (et en glissant dans la baignoire, of course !!).
Et prise de conscience…
A ce moment là, je pense à ce que m’a dit Grand tout à l’heure, quand
il a colorié le nez de sa sœur avec un feutre rouge parce que j’ai dit juste
avant qu’elle était un petit clown. Face à ma réaction, qui illustrait tout,
sauf le « lâcher prise », il me sort d’un air nonchalant : « Mais
c’est pas graaaaave, maman…. »
Et effectivement, ce n’est pas graaaaave… Le feutre disparait
avec un petit coup de gant de toilette, la crèche sera payée avec un jour de retard,
Grand fera la sieste dans son doudou, ou ne dormira pas et pour le repas, Princesse
aura un petit pot.
Relativiser. Voici le mot d’ordre. C’est en tout cas ce que
m’apprennent mes enfants.
Je suis de nature inquiète, pour tout, tout le temps.
Et eux me rappellent qu’en effet, tout n’est pas grave. Je
ne dis pas que rien n’est grave hein !!
Mais, depuis le bain de « Lâcher prise », je me
dis que l’important est de rester concentrée sur l’essentiel, que je ne peux
pas tout contrôler, pas penser à tout, tout le temps.
Et le reste, ben, c’est pas graaaave !
La bonne résolution tiendra le temps qu’elle tiendra, et
après, je reprendrai un bain !
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